dimanche 16 novembre 2008, 10:47
Un “Jack l'éventreur” marseillais arrêté ?
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Rédaction en ligne
Un homme, inculpé à Marseille pour enlèvement et séquestration, était présenté samedi par la police comme le principal suspect dans une affaire de disparitions inquiétantes de trois prostituées qui n'ont plus donné signe de vie depuis début octobre. Les prostituées sont une Ukrainienne de 42 ans disparue dans la nuit du 5 au 6 octobre sur son lieu de prostitution des grands boulevards du centre de Marseille, et une Algérienne de 28 ans disparue dans la nuit du 7 au 8 novembre alors qu'elle venait de rencontrer un client. Les enquêteurs soupçonnent cet homme, Patrick Salameh, d'avoir un lien avec la disparition d'une troisième prostituée, une Roumaine de 23 ans qui n'a plus donné signe de vie à ses proches depuis le 22 octobre.
« Nous avons un nombre sérieux d'indices de culpabilité », a déclaré à la presse le procureur de la République de Marseille Jacques Dallest, citant des traces ADN et des objets appartenant à deux des femmes disparues retrouvés dans un appartement vide de la famille de Patrick Salameh.
Condamné à plusieurs reprises
C'est dans cet appartement que cet homme, déjà condamné à plusieurs reprises, avait séquestré, violé et frappé une autre prostituée pendant plus de six heures fin septembre ou début octobre, selon le récit qu'a livré le 11 novembre aux enquêteurs une jeune femme de 24 ans d'origine marocaine qu'il a finalement relâchée après l'avoir payée.
Au lendemain de ce témoignage et grâce à la coopération d'un autre témoin, Patrick Salameh a été interpellé par la police municipale au centre-ville. Présenté à un juge d'instruction vendredi soir, il a été inculpé pour « enlèvement et séquestration » de deux des prostituées disparues. Il a également été inculpé pour « séquestration de personne pour faciliter le crime de viol et le délit de violence avec arme » dans le dossier de la prostituée d'origine marocaine et écroué dans la prison de Marseille où il avait purgé 16 ans de réclusion pour vol avec arme de 1989 à juillet 2005, date de sa remise en liberté conditionnelle.
« Nous allons nous intéresser à la vie qu'il a menée depuis sa sortie de prison », a déclaré le directeur interrégional de la police judiciaire, Roland Gauze, dressant le portrait d'un « homme intelligent, vivant avec compagne et enfants » dans un domicile proche de l'appartement de Marseille où il a commis des sévices. Patrick Salameh, 51 ans, nie toute implication et reste « mutique », selon le procureur.

