vendredi 14 novembre 2008, 17:08

Poupée vaudou : Sarkozy veut un jugement équitable

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    Le chef de l’État « entend être traité comme tout le monde, ni mieux, ni moins bien qu’un autre », a affirmé son avocat.

    Rédaction en ligne


    Le président Nicolas Sarkozy, débouté fin octobre de sa demande d’interdiction d’une poupée vaudou à son effigie, entend être traité « ni mieux, ni moins bien qu’un autre », a souligné son avocat, Me Thierry Herzog, devant la cour d’appel, jeudi dernier.

    La chambre des référés de la cour d’appel s’est laissée quinze jours de réflexion. Elle rendra sa décision le 28 novembre.

    Le 29 octobre, le tribunal de grande instance de Paris avait autorisé la commercialisation du “Manuel vaudou, Nicolas Sarkozy”, un coffret comprenant un ouvrage humoristique sur le chef de l’État, une poupée en tissu à son effigie et un lot de 12 aiguilles à piquer dans la figurine.

    Les trois magistrats, statuant en référé, avaient estimé que cette « représentation non autorisée de l’image de Nicolas Sarkozy ne constituait ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle ».

    Un tel gadget « s’inscrit dans les limites autorisées de la liberté d’expression et du droit à l’humour », avaient ajouté les magistrats Isabelle Nicolle, Nicolas Bonnal et Anne-Marie Sauteraud.

    Cette décision est historique, car c’est la première fois qu’un président de la République perdait un procès pour atteinte au droit à l’image.

    Jeudi, devant la chambre des référés, Me Herzog a appelé les magistrats à infirmer ce jugement, qui « a envahi le Net et défrayé la chronique judiciaire ». Nicolas Sarkozy, a-t-il rappelé, « n’est pas au-dessus des lois, mais il n’a pas à être au-dessous des lois. Il entend être traité comme tout le monde, ni mieux, ni moins bien qu’un autre ». Contestant l’analyse faite par le TGI, l’avocat a argué que la poupée litigieuse n’était pas une « œuvre de l’esprit », mais uniquement « une opération commerciale » réalisée sans l’aval du président.

    « Nouveauté en appel : Me Herzog a évoqué jeudi « les rites animistes du vaudou », élément qu’il avait passé sous silence il y a trois semaines. « Nul ne peut prendre au sérieux ce procédé et croire qu’il prônerait un culte vaudou tel que pratiqué aux Antilles », ont écrit les magistrats du TGI.

    « Je ne partage pas cet avis », a plaidé Me Herzog, jugeant qu’inciter des gens à blesser Nicolas Sarkozy en criblant sa poupée d’aiguilles « dépasse de loin le droit à la caricature ». C’est « une incitation à la haine », a estimé l’avocat.« On peut rire de tout mais pas avec n’importe quoi », a-t-il conclu.

    De son côté, l’avocat de Tear Prod, la société qui a édité le coffret à 20.000 exemplaires, aujourd’hui en rupture de stock, a fait l’éloge du jugement de première instance.

    La poupée litigieuse est bardée d’expressions qui ont jalonné la vie politique de Nicolas Sarkozy, du mot “racaille” dont il avait qualifié des jeunes de banlieues défavorisées, au “Casse-toi pauv’con” lancé au salon de l’Agriculture à un homme qui refusait de lui serrer la main.

    Un coffret Ségolène Royal a aussi été édité mais, amusée, la socialiste n’a pas poursuivi l’éditeur. Un sens de l’humour relativisé jeudi par Me Herzog, qui a rappelé que si elle n’avait pas attaqué cet ouvrage, elle en avait poursuivi d’autres.

     

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