lundi 10 novembre 2008, 14:38
Le prix Goncourt 2008 est décerné à l'Afghan Atiq Rahimi
Rédaction en ligne
Le Renaudot essai a été décerné à Boris Cyrulnik pour “Autobiographie d'un épouvantail” paru aux éditions Odile Jacob.
Pour le Goncourt, Atiq Rahimi, écrivain et réalisateur afghan, a obtenu 7 voix contre 3 pour Michel Le Bris, en lice avec "La Beauté du Monde" chez Grasset. Au premier tour de scrutin, Jean-Marie Blas de Roblès ("Là où les tigres sont chez eux" chez Zulma), qui a reçu le prix Médicis la semaine dernière, avait également obtenu des voix.
Atiq Rahimi, né en 1962 à Kaboul (Afghanistan), vit et travaille aujourd'hui à Paris, et il a écrit directement "Syngué sabour" en français. Selon son éditeur, il a fait ses études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul puis à l'université (section littérature).
En 1984, il a quitté l'Afghanistan pour le Pakistan à cause de la guerre, puis demandé et obtenu l'asile politique en France où il a passé un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. Il a réalisé des films documentaires et adapté en 2004 son roman “Terre et cendres”, qui a obtenu le prix Regard sur l'avenir au festival de Cannes.
En 1984, à 22 ans, Atiq Rahimi était parti à pied de Kaboul pour rejoindre, après neuf jours de marche, l'ambassade française du Pakistan à Islamabad. Il racontait ce périple dans 1000 maisons du rêve et de la terreur (P.O.L, 2002). Vingt-quatre ans plus tard, c'est la prestigieuse académie des Goncourt qui récompense son premier livre écrit en français, Pierre de patience . Autre première : le sacre de la maison littéraire P.O.L, filiale de Gallimard.
Mais Rahimi a d'autres cordes à son arc. Docteur en études audiovisuelles à la Sorbonne, il a reçu un prix à Cannes en 2004 pour son premier film, Terre et cendres , adapté d'un de ses récits. Le cinéma l'influence : témoin, l'écriture au scalpel et très visuelle de son quatrième livre. Après le Russe Makine et l'Américain Littell, déjà couronnés par le Goncourt, voici l'Afghan Rahimi.
Le prix Renaudot a été attribué à Tierno Monénembo pour “Le roi de Kahel” paru chez Seuil. Au onzième tour de scrutin, il a obtenu 5 voix contre 4 pour Elie Wiesel (“Le cas Sonderberg” chez Grasset) et 1 voix sur Olivier Rolin (“Un chasseur de lions” chez Seuil).

