mercredi 05 novembre 2008, 11:46

Karel De Gucht : « la farce Fortis m’a coûté 85 000 euros ! »

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    En visite d’Etat en Inde en compagnie du roi Albert II, le ministre des Affaires étrangères riposte aux accusations de délit d’initié. On lui reproche en effet d’avoir procédé à d’importantes transactions bancaires le jour de la nationalisation de Fortis.

    DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL EN INDE,

    PIERRE DE VUYST


    Les infos sont parues dans le magazine Humo de cette semaine. Une plainte anonyme a été déposée auprès de la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) contre le ministre fédéral pour une affaire de délit d’initié, des « transactions étranges » effectuées à l’agence Fortis de Berlare par le ministre libéral flamand et son épouse Mireille Scheurs.

    En effet, le jour de la nationalisation du bancassureur Fortis, l’homme politique et son épouse auraient revendu des actions en leur possession. Karel De Gucht a d’abord réagi par communiqué. Entre deux rendez-vous officiels au côté d’Albert II et Paola en visite d’Etat en Inde, il a accepté de nous rencontrer pour commenter la victoire de Barak Obama pour la présidence des Etats-Unis. Il est également revenu sur cette affaire qu’il considère comme « d’ordre privé ».

    « La semaine prochaine, je serai probablement interpellé au Parlement sur cette question. J’y répondrai très clairement, mais je suis très serein dans cette affaire. Je suis convaincu que la crise est un sujet très sensible, d’autant plus lorsqu’elle concerne Fortis, mais cela entraîne chez certains (lisez : les journalistes, NDLR) le risque de s’éloigner très vite de la réalité. Pour recueillir ses infos, le journaliste de Humo s’est basé sur des sources anonymes qu’il n’a pas recoupées. Cet article contient donc un nombre de fautes très sérieuses. »

    « Comme je l’ai déjà expliqué, ces actions appartenaient à ma belle-mère qui souffre de déficience mentale et ne sait plus gérer ses biens. Nous avons dû prendre une décision… Pour ma part, j’ai perdu 85 000 euros dans cette “farce”. Mes seules actions étaient des Fortis. Je les ai gardées, mon fils a gardé les siennes et ma mère également. Et maintenant je n’ai plus rien. Je les ai conservées, ces actions, car j’étais convaincu que, de toute façon, peu importe le moment où je les vendrais, je serais critiqué. Je reproche aux journalistes de ne pas avoir vérifié leurs infos. De ne pas m’avoir posé la question. Ca ne m’aurait pas dérangé de répondre même si je considère cette affaire comme d’ordre privé. » Le ministre de reprocher surtout au magazine Humo et à l’ensemble de la presse en général de privilégier la présomption de culpabilité à celle d’innocence.

     

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