jeudi 06 novembre 2008, 14:42
Deux Airbus pour transporter le Roi en Inde ! (réactualisé)
PIERRE DE VUYST
Mercredi, dernier jour de la visite d'Etat d'Albert II à New Delhi avant un départ pour Mumbai, le Roi a rencontré le président (indien) du Giec (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) en compagnie du vice-président belge, Jean-Pascal van Ypersele. Ensemble, ils se sont entretenus de l'impact de l'homme sur la nature et le climat, notamment en termes de consommation de CO2.
À peu près au même moment atterrissait sur l'aéroport militaire de la capitale indienne un Airbus de la Défense belge. Cet avion, l'un des deux gros avions de ligne (Airbus A310-200) que possède le 15e Wing de l'armée chargé du transport des troupes, du gouvernement et du chef de l'Etat, a voyagé à vide depuis Bruxelles pour rejoindre sur le tarmac indien son frère jumeau, actuellement considéré comme notre Air Force One, puisqu'il véhicule la délégation belge de plus de 150 personnes qui accompagne le Souverain. Le Nº2 est en fait l'avion de secours capable de transporter la délégation en cas de problème technique sur l'autre.
Un Airbus vieux de vingt ans comme ces deux avions que la Défense a achetés d'occasion il y a dix ans à la compagnie aérienne Singapore Airlines, produit quelque six tonnes de CO2 par passager à chaque vol.
Soit à peu de chose près pour deux avions (puisque l'un d'eux, vide, est plus léger) consommant chacun 5,5 tonnes de kérosène à l'heure de vol, la production moyenne d'un Belge restant en Belgique : 12 tonnes de CO2 par an !
Sans compter le petit Falcon qu'a utilisé le ministre des Affaires Etrangères pour se rendre de son côté en Inde, en provenance du Congo. Avion qui a ramené à Bruxelles le premier équipage de l'Airbus, en incapacité horaire de voler, et qui a donc été remplacé par un autre équipage arrivé le week-end dernier par vol régulier. Sans poujadisme aucun, puisqu'on se doute bien que la délégation ne pourrait se rendre en visite d'Etat en paquebot (!) et qu'on ne pourrait pas non plus bloquer une délégation aussi importante en cas de problème, ce double voyage aérien ne fait quand même pas passer un supermessage environnemental.
Du côté de l'armée, on explique le principe du stand-by. Sur décision gouvernementale, le Roi, chef de l'Etat, ne peut se déplacer qu'à bord d'un avion gouvernemental, ceci pour assurer au mieux sa sécurité. Lorsqu'il voyage en Europe ou à tout le moins sur des courtes distances, il y a toujours un avion placé en stand-by à Melsbroek, l'aéroport militaire de Bruxelles. Pour les longues distances, cet avion de secours est rapproché de son éventuelle destination. Pourquoi un avion de secours : pour des questions de rapatriement en cas d'urgence ou pour ne pas bloquer le chef de l'Etat ou une délégation par exemple pendant trois jours quelque part lorsque leur avion tombe en panne. ce qui a tendance à se produire régulièrement avec nos bons vieux Airbus, les ministres voyageurs en savent quelque chose, comme Pieter De Crem, ministre de la Défense ou son collègue Karel De Gucht aux Affaires Etrangères, mais aussi Louis Michel à l'époque, resté plus d'une fois en rade en Afrique.
L'armée explique aussi que, dans la mesure du possible, elle essaye de ne pas faire voyager ses avions à vide, mais leur fait transporter le fret d'aide humanitaire par exemple.

