dimanche 02 novembre 2008, 17:56

Björk ne veut pas que la crise coule son île

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    L'Islande, en proie à une crise économique sans précédent, envisage d'autoriser la construction de deux hauts-fourneaux et de barrages pour les alimenter. La chanteuse s’oppose et écrit au “Times”.

    Björk


    « Après dix-huit mois de tournée, j'étais très heureuse, il y a quelques semaines, de rentrer chez moi de retrouver le bon vieux sol islandais et de retrouver un peu de stabilité. J'avais donné un concert en Islande quelque temps plus tôt (fin juin)pour sensibiliser l'opinion publique sur les questions environnementales et 10 % de la population y avait assisté. Mais j'avais l'impression que ce n'était pas suffisant. La principale ressource de l'Islande a longtemps été la pêche, mais, lorsque cette activité est devenue moins rentable, les gens ont commencé à chercher d'autres moyens de gagner leur vie. Les conservateurs au pouvoir ont pensé qu'exploiter l'énergie naturelle de notre pays pour la vendre à des géants industriels comme Alcoa et Rio Tinto résoudrait le problème. Aujourd'hui, nous avons trois hauts-fourneaux pour produire de l'aluminium, les plus grands d'Europe, et il est question d'en construire deux de plus dans les trois prochaines années. Ces usines auront besoin d'énergie, et celle-ci devra être produite par de nouvelles centrales géothermiques et de nouveaux barrages, dont la construction défigurera notre beau paysage naturel. Beaucoup d'Islandais s'opposent à la construction de ces hauts-fourneaux. Ils préfèrent continuer à créer des entreprises plus petites, qui leur appartiennent, et garder l'argent qu'ils gagnent. Ils se battent beaucoup

    pour cela. Ils ont notamment obtenu que le ministre de l'Environnement demande pour la première fois la réalisation d'une étude d'impact environnemental avant la construction de tout nouveau barrage ou haut-fourneau. Puis la crise économique s'est abattue sur le pays. Les jeunes familles vivent sous la menace de perdre leur maison, et les plus âgés leur retraite. C'est une catastrophe. Il y a aussi beaucoup de colère. Les six principales sociétés de capital-risque du pays sont conspuées dans la rue, à la télévision et à la radio. Des voix furieuses exigent qu'elles vendent tous leurs avoirs et donnent l'argent à la nation ».

     

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