mardi 04 novembre 2008, 11:12

Au Taj Mahal, la reine Paola de très mauvaise humeur !

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Albert II et Paola sont en Inde. Mais d’entrée de jeu, lors de sa visite du Taj Mahal, la Reine met la presse au ban…

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À AGRA

PIERRE DE VUYST


Le soleil réchauffe à pleins rayons le marbre immaculé de l’immense mausolée, lui donnant une couleur particulière, différente à chaque heure du jour. La vue est à couper le souffle. L’atmosphère empreinte d’un respect non feint. De fait, de près comme de loin, le Taj Mahal en impose… Les forces de l’ordre locales ont été efficaces. La vaste esplanade et la terrasse de marbre ont été évacuées de tous les touristes pour le bon plaisir d’une invitée de marque, la reine Paola. En cette fin d’après-midi ensoleillée, par 35ºC, la Reine est gagnée par la beauté tranquille du monument. À l’aube et en marge de la visite d’Etat du roi des Belges en Inde, elle a tenu à visiter ce trésor incontournable de l’Inde. L’une des sept merveilles du monde moderne. Mais devant ce symbole de l’amour… la Reine est seule ! Et pas particulièrement bien disposée à l’égard de la presse dont on sait qu’elle ne la porte pas dans son cœur…

Paola a laissé son époux Albert II à New Delhi récupérer du long voyage Bruxelles-Delhi effectué à bord de l’avion royal avec une arrivée en pleine nuit dans la capitale indienne. Face aux dix jours marathon qui attendent le Roi sur le sous-continent, le Souverain s’économise sur la ligne de départ. De plus, n’étant pas encore officiellement accueilli par la Présidente (l’accueil se fera en grandes pompes le mardi), il ne peut pas trop se montrer. La dure loi du protocole… Cela dit Albert II connaît ce monument, il l’avait déjà visité en 1983. Encore prince de Liège à l’époque, il a présidé la seule mission économique dans cette contrée, bien avant que l'“Éléphant d’Asie” fasse retentir ses premiers barrissements. Depuis lors, le prince Philippe a succédé à son père à la tête du Commerce extérieur et a déjà consacré trois visites à l’Inde, nouveau miracle économique, dont la dernière en 2005 en compagnie de la princesse Mathilde.

Morte en couches à la naissance de son quatorzième enfant

Nous retrouvons donc la Reine quelque peu esseulée, mais qui a tenu, lors de cette visite historique, à rendre hommage au patrimoine culturel indien. Elle ne pouvait donc ignorer son exemple le plus représentatif. Paola semble un peu émue au moment de contempler l’ouvrage étincelant de blancheur… Comment, d’ailleurs, pourrait-on rester insensible au charme romantique ou, selon l’humeur, terriblement mélancolique du Taj Mahal ? Symbole de l’Inde par excellence, comme la tour Eiffel peut l’être de la France, ce majestueux tombeau est né du chagrin d’un empereur moghol pour sa chère et tendre. Mumtaz Mahal était la seconde épouse de Shah Jahan. Après dix-sept ans de mariage, elle est morte en couche, en 1629, en mettant au monde son… quatorzième enfant ! Le grand homme, fou de chagrin, puisa largement dans ses coffres pour offrir à sa bien-aimée un mémorial qui témoignerait de son amour éternel. Edifié à Agra, le Taj Mahal a traversé les siècles. Sa construction a duré vingt-deux ans et nécessité la force de travail de vingt mille ouvriers. Le résultat en vaut la peine, le splendide édifice flanqué de ses minarets purement décoratifs – c’est en effet un mausolée et non une mosquée – est un véritable joyau de l’art musulman inséré dans l’écrin architectural indien. Pour apprécier le travail, il faut passer la main sur ces colonnes incrustées de lapis-lazuli et

d’onyx et ces murs ciselés d’une dentelle de marbre tellement fine qu’elle en paraît translucide…

Pas de banc pour la Reine et une soupe à la grimace pour les De Gucht

À l’instar de millions de touristes, la reine Paola arpente tout d’abord la terrasse blanche qui mène au bâtiment. Mais à la différence de la plus illustre des princesses, Diana, qui y a affiché sa mélancolie sur un cliché resté historique, notre Reine de caractère refuse tout net et très catégoriquement de prendre place sur le banc de marbre installé dans la perspective du Taj, à mi-chemin du plan d’eau. Certes la vue fait très carte postale, mais c’est un cliché absolument sublime auquel se sont pliés tous les chefs d’État et leurs conjoints de la planète. Dernièrement, Sarko lui-même avait joué le jeu. Devant le peu d’enthousiasme des photographes, son entêtement a carrément tourné à la mauvaise humeur. Ajoutons à cela la contrariété affichée de Karel De Gucht, le ministre des Affaires étrangères, et son épouse. Et pour cause, l’hebdomadaire Humo révélait ce matin le délit d’initiés dont le couple pourrait s’être rendu coupable dans l’affaire de la revente de Fortis. Pas de quoi afficher un sourire franc et sincère… Bref, c’est un début un peu gâché pour une visite d’Etat qu’on nous annonce pourtant haute en couleurs. La plus longue (onze jours) et la plus importante (la délégation belge compte plus de 170 personnes) jusqu’à présent du règne d’Albert II. Au programme des Souverains, une belle vision culturelle, sociale et économique du sous-continent, de New Delhi à

Hyderabad, avec comme étapes Mumbay, plus connue sous son ancien nom de Bombay, mais aussi Chennai, alias, Madras, dans l’état indien du Tamil Nadu. L’aventure est déjà au bout de ces lignes… Avec, qui sait, peut-être un sourire à la clé ?

 

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