mardi 11 novembre 2008, 15:38
Inde : Paola s’explique sur l’“affaire” du Taj Mahal
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Rédaction en ligne
De notre envoyé spécial à Chennai, en Inde, Pierre De Vuyst
Le dernier jour de la visite d’Etat en Inde a emmené la délégation belge à Chennai, connue anciennement sous le nom de Madras, la capitale des épices. Pendant que le Roi accomplissait les dernières rencontres officielles d’un marathon politico-scientifico-économique de dix jours, la Reine s’est rendue sur le terrain pour sa dernière visite à caractère social et humanitaire. En l’occurrence, un dispensaire traitant des personnes atteintes de la lèpre et de la tuberculose, qui est soutenu par l’Action Damien (appelée anciennement Fondation Père Damien). Pour l’occasion, Paola a accompli un saut de puce entre Chennai (ex-Madras) et Tiruchirapalli à bord de l’avion royal, en compagnie de quelques représentants du Palais et de la presse. Pendant le très court temps de vol, la Reine a quitté la cabine réservée à la Cour, en première classe, pour rencontrer les journalistes à l’arrière de l’avion. Se faisant présenter chacun d’entre nous, elle s’est enfin laissée aller à quelques explications… que la presse attendait, il faut bien le dire, tellement notre “corporation” avait été déçue de la prise de vue de la Souveraine devant le Taj Mahal, le tout premier jour de la visite d’Etat, plaçant d’emblée cette dernière dans une ambiance un peu tendue. On a pu découvrir la Reine refusant absolument de se prêter au jeu de la photo classique sur le banc de marbre
blanc… la vue pourtant la plus célèbre de l’édifice à laquelle ont souscrit tous les chefs d’Etat et leur conjoint(e).
Les explications
« En fait, je ne voulais pas aller voir le Taj Mahal », a confié la Reine. « J’aurais voulu me reposer à l’hôtel, comme le Roi (Parti de Bruxelles, l’avion était en effet arrivé à New Delhi vers deux heures du matin locales et l’excursion touristique était programmée quelques heures plus tard, NDLR). Mais on m’a dit que si je n’y allais pas, personne n’irait. Donc je suis allée à Agra. Puis on a voulu que je m’assoie sur ce banc. Mais je ne voulais pas faire comme Diana. Le Taj Mahal est déjà un cliché de l’Inde. Je ne voulais pas rajouter un cliché au cliché ! Alors on m’a traitée de capricieuse… J’étais fâchée, mais je ne suis pas rancunière », précise Paola dans un demi-sourire.
Cela dit, les jours suivants, la Reine s’est pliée d’assez bonne grâce aux desiderata de la presse dite d’images, posant à l’une ou l’autre reprise. Elle eut même un geste très attentionné chez Sœur Jeanne Devos envers les photographes de la presse indienne confinés dans la rue par la sécurité locale. Comme la presse indienne ne pouvait pas venir à elle, elle est allée à la presse, posant longtemps, avec le sourire et un superbe bonnet, avec les enfants de l’association de la religieuse qui lutte contre le travail domestique et l’exploitation des femmes et des enfants.
Dans l’avion, elle a aussi confié qu’elle plaignait la presse qui devait sûrement être fatiguée… La Souveraine d’ajouter qu’elle a été un peu surprise… de rester dehors à la Grande Mosquée d’Hyderabad. Il était prévu depuis Delhi qu’elle aurait ses – exceptionnelles – entrées dans le bâtiment sacré interdit aux non-musulmans, mais apparemment une petite guéguerre interne entre imams aurait chamboulé le programme. « Pourtant j’avais fait l’effort d’enlever mes chaussures… »
Abordant avec l’un et l’autre quelques souvenirs et bons moments de la visite d’Etat en cours, elle s’est également montrée intéressée par les produits de l’artisanat local. Admirant les bracelets colorés achetés par sa secrétaire, elle lui a dispensé quelques conseils sur la manière de les porter, en personne rompue à cet exercice. Elle-même devait acheter quelques pièces dans l’après-midi de ce dernier jour de voyage. Elle a ainsi préféré faire l’impasse sur la visite du dernier temple hindou Kapaleeswarar de Mylapore, laissant ce soin à son époux, pour se rendre dans la boutique située en face de son hôtel, le Taj Coromandel, pour mirer les pièces de bijouterie, les sculptures, peintures sur soie et autres étoffes précieuses. La récompense au bout d’un voyage harassant.

